
Pêcheur de Tastubek au Kazakstan depuis la construction du barrage entre le Nord et le Sud de la Mer d’Aral. Photo de 2023
Les enjeux de la végétalisation
En 2025, un nouveau projet écologique sera lancé avec le soutien de l’Union européenne. Il vise à restaurer les terres dégradées du bassin inférieur de la mer d’Aral. Le financement s’élève à 8,8 millions d’euros, complété par 30 millions d’euros de prêts de la part de l’Agence française de développement (AFD) et de la Banque européenne d’investissement (BEI).
Il est désormais certain que la mer d’Aral ne retrouvera jamais son état d’origine. Les efforts actuels se concentrent donc sur l’adaptation des communautés locales. Cela passe par le développement de nouvelles formes d’agriculture durable, de projets de lutte contre la désertification, et de nouvelles activités économiques capables d’assurer la résilience des populations face aux bouleversements passés et à venir.
Les soles, dorades, sandres et gardons reprennent possession de la mer.
En 2005, grâce à un prêt de la Banque mondiale, le Kazakhstan renforce un barrage séparant la petite mer d’Aral de la partie ouzbèke. Cette barrière permet de retenir les eaux du Syr-Daria, alimentant ainsi la zone nord du bassin. Ce projet marque une première réponse concrète à l’assèchement de la mer d’Aral.
Peu à peu, l’eau devient moins salée. Bien qu’elle ne redevienne pas entièrement douce, cette évolution permet à la faune aquatique de reprendre vie. Carpes, dorades, sandres et gardons réapparaissent dans la petite mer d’Aral. En revanche, du côté ouzbek, la situation reste critique. Le manque de ressources financières et une configuration hydrographique défavorable empêchent toute restauration à grande échelle.
Soutien international écologique
Depuis 2018, l’Ouzbékistan a lancé, avec le soutien des Nations Unies, un programme de réhabilitation écologique. À ce jour, plus de 16 millions de dollars ont été mobilisés, principalement par l’Union européenne et l’Ouzbékistan. Environ 2 millions d’hectares ont déjà été reboisés en saxaul 1 , un arbre typique des déserts d’Asie centrale, efficace contre la désertification.
Le Japon participe également à cette initiative, en expérimentant d’autres plantes résistantes comme l’atriplex, l’amarante 2 ou encore le sorgho 3. L’objectif est d’identifier les espèces les mieux adaptées aux sols salinisés et arides, pour restaurer durablement les terres dégradées. Des variétés améliorées de blé d’hiver et d’orge sont aussi testées.
À partir de 2025, un nouveau projet écologique piloté par l’Union européenne visera à restaurer les terres du bassin inférieur. Il bénéficiera d’un financement de 8,8 millions d’euros, complété par 30 millions d’euros de prêts de l’Agence française de développement (AFD) et de la Banque européenne d’investissement (BEI).
Agriculture résiliente et reforestation
Il est aujourd’hui reconnu que la mer d’Aral ne pourra jamais retrouver sa forme d’origine. Face à ce constat, les efforts se tournent vers l’adaptation des communautés locales. Cela passe par la mise en place d’agricultures résilientes, de projets de reforestation, de filières économiques durables et d’initiatives écologiques pour permettre aux populations de vivre dignement, malgré les conséquences irréversibles de l’assèchement de la mer d’Aral.