La Route de la Soie depuis ses origines

2 000 ans d’échanges entre l’Orient et l’Occident

En premier lieu, il faut savoir ce qu’était la Route de la Soie, l’un des plus grands réseaux commerciaux de l’histoire de l’humanité. En effet, pendant plus de deux mille ans, elle a relié la Chine, l’Asie centrale, le Moyen-Orient et l’Europe, favorisant les échanges de marchandises, de savoirs, de religions et de cultures.

Contrairement à ce que son nom laisse penser, la Route de la Soie n’était pas une route unique mais un vaste réseau de pistes caravanières traversant déserts, montagnes et oasis. Au cœur de ces échanges se trouvait l’actuel Ouzbékistan, dont les villes de Samarcande, Boukhara, Khiva et Termez jouèrent un rôle essentiel dans le développement du commerce entre l’Orient et l’Occident.

Découvrez les origines de la Route de la Soie et son évolution à travers les siècles, depuis les premiers échanges entre civilisations jusqu’à l’âge d’or des grandes caravanes.

Avant la Route de la Soie : Les premiers échanges eurasiens (-2000 av. J.-C. à -200 av. J.-C)

Avant même l’existence de la Route de la Soie, des réseaux commerciaux relient déjà la Chine, l’Inde, la Perse et la Mésopotamie.

Dès lors, le jade du Xinjiang, le lapis lazuli du Juiangsu, l’étain d’Asie centrale, les chevaux des steppes et les épices de l’Inde circulent progressivement d’une civilisation à l’autre.

À cette époque, il n’existe pas encore de route continue, mais une succession d’échanges locaux reliant peu à peu l’Extrême-Orient à l’Occident.

De la naissance de la Route de la Soie à la Méditerranée (Ier siècle av. J.-C. au VIIe siècle de notre ère)

Dès 141 av. J.-C. l’empereur Wu de la dynastie chinoise Han envoie ses explorateurs vers l’Asie centrale afin de rechercher des alliés contre les Xiongnu venant du nord-ouest (actuelle Mongolie).

Ouverture de la première Route de la Soie.

Après un voyage exceptionnel à travers le désert du Taklamakan, la vallée de Ferghana et la Bactriane, les ambassadeurs rapportent, à la cour impériale, l’existence de riches royaumes situés à l’ouest de la Chine. Ses récits conduisent à l’ouverture des premières routes commerciales permanentes reliant la Chine à l’Asie centrale. Cette mission est généralement considérée comme l’acte fondateur de la Route de la Soie.

L’expension de l’empire Han.

Les Han sécurisent le corridor du Gansu (le Kirghizstan et la vallée de la Ferghana actuels) et le bassin du Tarim (au nord du Tibet actuel).
Ensuite, les routes atteignent Kashgar (actuelle région autonome ouïghoure du Xinjiang). Puis c’est la région de la Ferghana, la Sogdiane, la Bactriane et l’empire Parthe. Les routes s’entrecroisent sur un très vaste territoire qui englobe, les actuels Kirghizistan, une partie du Tadjikistan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Kazakhstan, l’Afghanistan, et du Sud-Est de la Turquie jusqu’à l’Est de l’Iran.

La Route de la soie rejoint l’empire romain.

Les marchandises peuvent désormais voyager jusqu’au monde romain. Les Han superviseront la Route de la Soie jusqu’au IIIe siècle de notre ère.
La soie chinoise devient extrêmement recherchée dans l’Empire romain tandis que circulent également chevaux, épices, verreries, métaux précieux et pierres fines.
Arrive alors l’âge d’or des marchands Sogdiens. Au IVe siècle, ils se sont déjà installés principalement autour de Samarcande et Boukhara. Ils deviennent les grands intermédiaires commerciaux de l’Asie centrale. Leurs caravanes sillonneront toute l’Eurasie pendant quatre siècles.
Bien sûr, ils transportent soie, épices, papier, métaux précieux et objets d’art, mais aussi des idées et des croyances. Le bouddhisme, le christianisme nestorien, le manichéisme et plus tard l’islam, empruntent ces mêmes routes.

De l’époque des grandes cités musulmanes à la Pax Mongolica sur la Route de la Soie (du VIIIe au XIIIe siècle)

À dater du VIIIe siècle, l’islam se diffuse progressivement en Asie centrale.

Ainsi, Khiva, Boukhara et Samarcande deviennent parmi les plus grands centres intellectuels du monde musulman.

C’est l’époque des lumières dont Avicenne, Al-Biruni, Al-Khwarizmi et bien d’autres seront les instigateurs. Les caravanes continuent de traverser les déserts et les montagnes d’Asie centrale.

À partir du XIIIe siècle, l’empire mongol unifie une immense partie de l’Eurasie. Pour la première fois, un voyageur peut traverser presque tout le continent sous une même autorité politique. Les échanges atteignent un niveau inédit.

C’est l’époque des voyages de Marco Polo. Les routes terrestres connaissent alors leur plus grande extension.

De l’empire de Tamerlan au déclin de la Route de la Soie terrestre (XIVe siècle au XVIe siècle)

Du XIVe au XVe siècles, sous le règne de Tamerlan, Samarcande devient l’une des plus brillantes capitales du monde. La ville attire artisans et commerçants, architectes et savants venus de toute l’Eurasie.

Parce qu’à partir du XVIe siècle, les grandes découvertes maritimes rendent les déplacements des commerçants plus rapides que le cheminement des chameaux Bactriane, progressivement la Route de la Soie terrestre perd son rôle dominant.

Cependant, son héritage demeure visible aujourd’hui dans les monuments, les traditions et les villes historiques d’Asie centrale.

Plus qu’une route commerciale, la Route de la Soie fut l’un des plus grands réseaux d’échanges de l’histoire humaine. Pendant presque trente siècles, elle relia l’Extrême-Orient, l’Asie centrale, le Moyen-Orient et l’Europe.

Au cœur de cette aventure se trouve l’Ouzbékistan actuel, dont les cités de Samarcande, Boukhara et Khiva demeurent aujourd’hui les témoins vivants de cet extraordinaire héritage.