TERMEZ, CARREFOUR D’HISTOIRE ET PORTE VERS L’ASIE DU SUD

Au sud de l’Ouzbékistan, sur les rives de l’Amou-Daria, Termez occupe une place unique, à la croisée des civilisations, entre Asie centrale et Afghanistan.

Cité millénaire, elle fut jadis un centre bouddhiste influent et un carrefour incontournable de la Route de la Soie. Marquée par les conquêtes et les échanges, Termez a su préserver les traces de ce riche passé tout en devenant une ville moderne et dynamique.

Aujourd’hui, Termez est un pôle économique et stratégique majeur. Le pont de l’Amitié relie l’Ouzbékistan à l’Afghanistan. Il constitue un point stratégique pour le commerce, le transit humanitaire et les relations régionales.

L’économie locale repose sur trois piliers : l’agriculture, l’industrie et le commerce transfrontalier. Parallèlement, le tourisme se développe, porté par les vestiges bouddhistes uniques et le riche patrimoine historique de la région.

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Histoire

Tout au long de son histoire illustre et épique, Termez s’est révélée être une véritable ville-caméléon, aussi bien sur le plan politique que culturel. Elle a changé d’alliance, de rôle et de religion au fil des siècles, sans jamais perdre son caractère singulier. Imaginez des moines bouddhistes discutant philosophie avec un envahisseur mongol. Ou encore des soldats de garnisons grecques jouant au backgammon avec des militaires de l’Armée rouge. Voit-on aussi, aujourd’hui, des caravaniers de la Route de la Soie marchander avec des entrepreneurs afghans ?
Termez est tout cela à la fois : un éternel mirage.

VIe siècle avant notre ère, les origines.

Dynastie Achéménide – Darius Ier le Grand

Les origines de Termez restent entourées de mystère. Très peu d’artéfacts ou de vestiges ont survécu au passage du temps. Cependant, certaines sources écrites, notamment perses, permettent d’en esquisser les premiers jalons historiques.

La ville aurait été fondée à l’époque de l’Empire achéménide 1 (VIᵉ – IVᵉ siècle avant J.-C.), lorsque cette région appartenait à la satrapie 2 de Bactriane 3. Selon plusieurs spécialistes, le nom de Termez proviendrait de l’ancien terme iranien « Taramita ».

Ce mot signifie « passage » ou « lieu de traversée ». Il ferait directement référence à la position stratégique de la ville, établie sur les rives de l’Amou-Daria 4.

Dès cette époque, Termez occupe une place clé dans la région. Elle devient un important carrefour commercial sur les routes reliant l’Inde, la Perse et l’Asie centrale, bien avant l’apogée de la Route de la Soie.

1 Achéménide : dynastie, qui a régné sur l’Empire perse de 550 à 330 av. J.-C., connue pour avoir créé l’un des plus grands empires de l’Antiquité, s’étendant de l’Indus à la mer Égée et de l’Égypte à l’Asie centrale.

2 Satrapie : désigne une province de l’Empire perse achéménide.

3 Bactriane : région historique d’Asie centrale, située principalement dans l’actuel nord de l’Afghanistan, ainsi que partiellement au Tadjikistan et en Ouzbékistan.

4 Amou-Daria : parfois appelé Oxus dans l’Antiquité est l’un des plus grands fleuves d’Asie centrale. Il traverse plusieurs pays modernes, notamment le Tadjikistan et sert de frontières à l’Ouzbékistan avec l’Afghanistan et le Turkménistan.

IVe siècle avant notre ère, l’influence grecque

Pièce de monnaie gréco-bactriane. Collection privée

En 329 avant J.-C., la région de Bactriane passe sous le contrôle d’Alexandre le Grand, qui établit une garnison militaire à Termez. Sous son influence, la ville s’intègre au vaste royaume gréco-bactrien, né d’une fusion entre traditions grecques et cultures orientales.

De nombreux commerçants, artisans et colons grecs s’installent alors dans la région. Leur présence favorise l’essor du commerce et de l’artisanat local. L’un des principaux sites archéologiques voisins, Kampyr-Tepe, aurait été fondé à cette époque. Il servait à la fois de forteresse défensive et de port commercial sur les rives de l’Amou-Daria.

L’âge d’or de la Bactriane s’étend entre les IIIᵉ et IIᵉ siècles avant notre ère. Après la mort d’Alexandre en 323 av. J.-C., la Bactriane devient un royaume indépendant dirigé par ses successeurs grecs. Termez prospère alors comme centre d’échanges et de métissage culturel, où se croisent influences grecques, perses et locales.

L’architecture hellénistique 1 se développe également à Termez. Elle se manifeste par l’apparition de colonnes, de sculptures et de monnaies frappées à l’effigie des rois bactriens. Ces vestiges témoignent du dialogue entre Orient et Occident.

1 Architecture hellénistique : la période s’étend de 323 av. J.-C. à 30 av. J.-C. et marquée par la diffusion massive de la culture grecque à travers le Moyen-Orient et l’Asie centrale.

Ier siècle avant notre ère, l’essor du Bouddhisme

À partir de 140 avant J.-C., la Bactriane entre dans une nouvelle ère avec l’arrivée des Yuezhi, peuple nomade venu des steppes d’Asie centrale et ancêtre des futurs souverains kouchans.
Les Kouchans 1 ondent ensuite un vaste empire qui s’étend de la Bactriane jusqu’au nord de l’Inde. Ils deviennent l’une des grandes puissances d’Asie aux premiers siècles de notre ère. Sous leur règne, Termez connaît un essor sans précédent. La ville s’impose alors comme un centre majeur du bouddhisme 2, à la croisée des influences de l’Inde, de la Chine et de l’Asie centrale.
C’est à cette époque que fleurissent de nombreux monastères troglodytes et temples bouddhistes. Parmi les plus célèbres figurent les sites de Kara-Tepa et de Fayaz-Tepa. Ils témoignent de l’intense vie religieuse et culturelle qui animait alors la région.

Le bouddhisme rayonne ensuite dans toute la Bactriane. Il attire pèlerins, moines et érudits venus de Chine, d’Inde et des territoires voisins. Ainsi, Termez devient un carrefour spirituel incontournable en Asie centrale.

1 Kouchan : empire chinois du Ier avant J.-C. au IIIe siècle, s’étendant du Tadjikistan à la mer Caspienne et de l’Afghanistan jusqu’à la vallée du Gange. Leur langue est le grec et le bactrien (langue iranienne).

2 Bouddhisme : religion et une philosophie fondée en Inde au VIe siècle av. J.-C.

Du Ier au VIIIe siècle, conquêtes et mutations culturelles

Entre 30 et 80 de notre ère, la dynastie kouchane s’empare de la Bactriane et de Termez.

L’essor sous les Kouchans

Grâce à sa position stratégique sur la Route de la Soie, la ville devient un important carrefour d’échanges entre l’Inde, la Chine et l’Empire romain. Durant cette période naît un art original : le gréco-bouddhisme.

Ce courant artistique mêle influences hellénistiques, héritées de l’époque d’Alexandre le Grand, et traditions spirituelles venues d’Inde. Il en résulte un style raffiné et symbolique, visible dans les sculptures, les fresques et les monuments de la région.

L’apogée bouddhiste de Termez

Entre 127 et 150, l’Empire kouchan atteint son apogée. Termez devient alors un grand centre du bouddhisme, connu pour ses nombreux monastères, notamment Fayaz-Tepa et Kara-Tepa.

Les échanges commerciaux et culturels s’intensifient, reliant Termez aux grandes puissances de l’époque : Rome, la Perse sassanide 1 et les royaumes d’Inde.

L’arrivée des Sassanides

Mais à partir du IIIe siècle, l’Empire kouchan s’affaiblit, miné par des luttes internes et les pressions extérieures. Les Sassanides, nouvelle dynastie perse, s’emparent progressivement de la Bactriane, y compris Termez. Ils imposent le zoroastrisme 2, religion officielle de leur empire, tandis que des temples du feu apparaissent dans la région. Bien que le bouddhisme demeure influent, les monastères commencent à décliner.

Une forteresse stratégique

Au IVe siècle, Termez devient une place forte essentielle de la défense sassanide face aux incursions des peuples nomades. L’architecture, l’art et les traditions locales évoluent alors sous influence perse.

Califat Omeyyade. Musée National de Damas

Les Göktürks et le renouveau commercial

À partir du VIIe siècle, les Göktürks 3, confédération de peuples turcs venus des steppes, établissent leur domination en Asie centrale, y compris sur Termez.

Le commerce connaît un nouvel essor. La ville reste un point névralgique de la Route de la Soie, facilitant les échanges entre la Chine, l’Empire byzantin et la Perse sassanide. Toutefois, cette prospérité s’accompagne d’une forte instabilité politique.

La conquête musulmane

En 651, après la chute de Merv 4, les armées musulmanes du Califat omeyyade 5 lancent la conquête de la Transoxiane. Termez résiste plusieurs années, mais finit par être prise en 705.
S’ouvre alors une nouvelle ère : l’islamisation progressive de la ville commence, bien qu’une partie de la population reste encore bouddhiste et zoroastrienne. Les premières mosquées sont édifiées, tandis qu’un système administratif islamique est instauré.

Termez dans le monde musulman

Au VIIIe siècle, Termez est pleinement intégrée au monde musulman et devient un centre stratégique pour les campagnes arabes en Asie centrale. Les monastères bouddhistes sont progressivement abandonnés, marquant la fin d’une époque et l’ouverture d’un nouveau chapitre pour la ville.

1 Sassanides : dynastie perse fondée en 224.

2 Zoroastrisme : ancienne religion monothéiste (1500 ans avant J.-C.), majoritaire dans l’Iran et l’Asie centrale préislamiques, jusqu’à la conquête arabo-musulmane au VIIe siècle.

3 Göktürks ou Turcs bleus : confédération tribale turco-mongole.

4 Merv : ancienne cité-oasis située dans l’actuel Turkménistan.

5 Omeyyades : dynastie arabe qui gouverne le monde musulman de 661 à 750 et s’étend sur l’Espagne de 756 à 1031.Hephtalites : guerriers nomades venant de Sibérie.

Du IXe au XIIIe siècle, prospérité islamique et destructions mongoles

Au IXe siècle, Termez devient une forteresse stratégique, essentielle pour défendre la frontière nord de l’empire contre les incursions des peuples nomades.

Un grand carrefour de la Route de la Soie

Située au cœur des grandes routes caravanières, la ville demeure un carrefour majeur reliant Boukhara, Samarcande, Balkh 1 et Merv. Sa prospérité repose sur un commerce florissant : soie, épices, métaux précieux, textiles et céramiques y transitent abondamment. Pour assurer son autonomie, de vastes réseaux de canaux d’irrigation sont aménagés, favorisant l’agriculture locale. Parallèlement, Termez s’affirme comme un centre religieux important, jouant un rôle clé dans la diffusion de l’islam sunnite.

Dynastie Qarakhanide. Peinture persane, 1306-1314

L’époque des Qarakhanides

En 999, la dynastie des Qarakhanides 2 prend le contrôle de Termez après avoir vaincu les Samanides. La construction de madrasas, de mosquées et d’édifices religieux s’accélère.
La ville devient également un foyer d’enseignement soufi, attirant érudits et disciples venus de toute l’Asie centrale.

Le renouveau sous les Khwarezmiens

Vers 1206, les Khwarezmiens 3,issus du Khwarezm, s’emparent de Termez. La cité prend alors une importance stratégique dans leur lutte contre la menace mongole 4. Le commerce s’intensifie encore, tandis que marchés et caravansérails 5 se multiplient. De nouvelles fortifications renforcent la ville, qui devient aussi un centre artisanal réputé. On y produit des céramiques, des tissus ainsi que des objets en argent, cuivre et or, dans un style mêlant influences persanes et turco-islamiques.

L’invasion mongole

Mais cette période de prospérité s’interrompt brutalement en 1219, lorsque Gengis Khan 6 lance sa grande offensive contre l’empire khwarezmien. En 1220, l’armée mongole atteint Termez.

Après une résistance acharnée, la ville est prise d’assaut. Une grande partie de la population est massacrée, tandis que les survivants sont déportés ou réduits en esclavage.

La fin d’un âge d’or

Termez est alors totalement détruite et demeure abandonnée pendant plus d’un siècle. La région passe sous la domination des descendants de Gengis Khan, marquant la fin d’une époque de rayonnement pour la ville.

1 Balkh : ville du nord de l’Afghanistan située à 100 km du Turkménistan et 50 km de celles de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan actuels.

2 Qarakhanides : dynastie d’origine turco-mongole qui envahie progressivement l’Asie centrale (840 à 1212). Leur langue administrative est le chinois médiéval, leur langue de poésie est le persan.

3 Khwarezmiens (ou Khwarazmiens) : dynastie musulmane d’origine turque et perse qui a régné sur une région située autour de l’actuel Ouzbékistan, Turkménistan et nord de l’Iran.

4 Mongole : ethnie ayant une riche histoire, notamment avec l’Empire mongol fondé par Gengis Khan.

5 Caravansérail : type d’auberge fortifiée située le long des routes commerciales en Asie, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

6 Gengis Khan (1160-1227) : fondateur de l’Empire Mongol.

Du XIVe au XVIIe siècle, Termez sous les Timourides et les Ouzbeks

En 1370, Amir Timur 1 prend le contrôle de la Transoxiane 2 et rétablit l’unité politique de la région. Termez retrouve alors une importance stratégique. Située sur la rive nord de l’Amou-Daria, sa forteresse contrôle la route menant vers l’Afghanistan et l’Inde.

La renaissance sous Tamerlan

Tamerlan ordonne la reconstruction des fortifications afin de faire de la ville un avant-poste défensif face aux incursions nomades et perses. Il restaure également les routes commerciales reliant Termez à Boukhara, Samarcande et Balkh.

Parallèlement, il favorise la construction de caravansérails, permettant à la ville de retrouver un rôle sur la Route de la Soie. Protecteur des arts et de l’islam, il encourage aussi l’édification de mosquées et de madrasas, tout en faisant de Termez un centre important du soufisme 3.

Un rôle stratégique maintenu

Après la mort de Tamerlan en 1405, Termez conserve son rôle sur la frontière sud. Toutefois, son importance économique décline peu à peu. Les grandes caravanes préfèrent désormais passer par Boukhara, Samarcande ou Balkh, mieux sécurisées et plus actives commercialement. Malgré ces changements, la ville demeure un foyer vivant du soufisme.

L’arrivée des Chaybanides

En 1499, la dynastie timouride affaiblie perd le contrôle de la Transoxiane. Les Chaybanides 4, confédération tribale d’origine turco-mongole, envahissent la région et s’emparent progressivement de Termez.

Entre 1505 et 1510, la ville est intégrée au khanat de Boukhara, nouvelle puissance dominante d’Asie centrale.

Une ville reléguée au second plan

Termez perd alors son statut de centre intellectuel et économique au profit des grandes cités ouzbèkes 5, notamment Boukhara, Samarcande et Khiva. Elle conserve surtout une fonction militaire, comme poste avancé sur la frontière sud du khanat 6.
Les mosquées et madrasas continuent d’être utilisées, mais aucune grande construction n’est entreprise. En outre, le déclin progressif de la Route de la Soie, concurrencée par les routes maritimes européennes, accentue la marginalisation de la ville.

Une frontière instable

Au milieu du XVIIe siècle, Termez subit régulièrement les conséquences des raids afghans et persans. Le khanat de Boukhara n’exerce plus qu’un contrôle indirect, laissant les tribus locales gérer la ville et ses environs.

1 Amir Timur : connu aussi comme Timurlang (Timur le boiteux), Tamerlan en français, fondateur de la Dynastie et de l’empire Timouride.

2 Transoxiane : région correspondant approximativement à l’Ouzbékistan, au Tadjikistan, au sud-ouest du Kazakhstan et au sud du Kirghizistan, située entre les fleuves Syr-Daria et Oxus (actuel Amou-Daria).

3 Soufisme : courant mystique de l’islam qui met l’accent sur la spiritualité, l’ascèse et la quête d’une relation directe avec Dieu.

4 Chaybanides : dynastie ouzbèke datant de 1429 à 1598, venant de la Horde d’or dans les steppes russes.

5 Ouzbeks : clan d’origine turco-mongole.

6 Khanat : royaume turc ou mongol, dirigé par un khan.

Du XIXe siècle au XXIe siècle, entre conquêtes guerre froide et renouveau

Conquête russe en Asie centrale – photo de 1902

L’envahisseur russe, gagnant du Grand Jeu 1

À partir des années 1850, l’Empire russe 2 entame son expansion en Asie centrale. Après la prise de Tachkent en 1865, les Russes avancent vers le sud, déterminés à contrôler la vallée de l’Amou-Daria ainsi que les routes menant à l’Afghanistan.

En 1868, à la suite de la défaite du khanat de Boukhara, Termez passe de facto sous influence russe.

La modernisation de Termez

Dans les années 1870, l’intérêt stratégique des Russes pour Termez se renforce. En 1897, une garnison y est construite, marquant la première modernisation de la ville depuis des siècles.

Les autorités russes aménagent également un port sur l’Amou-Daria, facilitant les communications vers l’Afghanistan. Termez s’intègre alors progressivement à un réseau administratif et militaire moderne, même si elle demeure une ville secondaire au sein de l’Empire.

D’autres conquérants : la Révolution rouge

Armée soviétique. Photo 1943

Après la Révolution russe 3 de 1917, les bolcheviks 4 lancent une campagne pour prendre le contrôle de l’Asie centrale, encore dominée par le khanat de Boukhara. En 1920, les troupes de l’Armée rouge 5 s’emparent de Boukhara, puis Termez est intégrée à la République socialiste soviétique d’Ouzbékistan, sous l’autorité de Moscou.

Une ville soviétique en construction

La ville devient alors un centre administratif régional. Le régime impose le communisme et l’athéisme d’État. Les premiers bâtiments de style soviétique apparaissent, tandis que les infrastructures sont modernisées et que de petites industries locales se développent.

Cependant, cette période entraîne aussi la fermeture des mosquées et des madrasas, la persécution des religieux ainsi que la destruction de plusieurs sites historiques jugés inutiles par les autorités.
La ville devient alors un centre administratif régional. Le régime soviétique impose le communisme et l’athéisme d’État. On construit les premiers bâtiments de style soviétique, modernise les infrastructures et développe de petites industries locales. Mais cette période voit aussi la fermeture des mosquées et madrasas, la persécution des religieux et la destruction de nombreux sites historiques jugés inutiles par les autorités.

L’urbanisme sous Staline

Sous Staline 6, la planification urbaine transforme profondément Termez. Des logements collectifs, des routes, des écoles, des hôpitaux et des centres culturels sont construits.

Dans les environs, des kolkhozes (fermes collectives) et des sovkhozes (fermes d’État) sont créés afin de produire du coton et d’autres cultures. La production agricole connaît alors une forte progression.

Une ville frontière militarisée

En raison de sa position sur l’Amou-Daria, face à l’Afghanistan, Termez devient un site militaire stratégique. L’Armée rouge y installe des casernes, des bases aériennes ainsi que d’importantes infrastructures logistiques.

La ville devient dès lors une zone à accès restreint, longtemps fermée aux étrangers.

L’enjeu de Termez soviétique dans le conflit afghan.

Moudjahidiines afghans. Photo 1987

En 1979, l’URSS intervient militairement en Afghanistan afin de soutenir le régime communiste afghan contre les moudjahidines 7, appuyés par les États-Unis et le Pakistan. Termez devient alors un centre logistique essentiel pour l’Armée rouge.

L’aéroport militaire accueille des milliers de soldats soviétiques avant leur déploiement, tandis qu’un pont flottant permet le passage des troupes et du matériel vers l’Afghanistan.

Cette guerre provoque également l’arrivée de réfugiés afghans et accentue les tensions ethniques et sécuritaires dans la région. Après le retrait soviétique de 1989, Termez connaît un déclin économique lié à la fermeture progressive des infrastructures militaires.

Termez de l’Indépendanc :, rôle stratégique et renouveau

Avec l’effondrement de l’URSS en 1991, l’Ouzbékistan devient un État indépendant. Termez conserve alors son rôle stratégique sur la frontière sud. Toutefois, la fermeture des bases soviétiques entraîne la perte de nombreux emplois. L’industrie locale décline, tandis qu’une partie des infrastructures militaires est reprise par l’armée ouzbèke.

Une ville tournée vers la frontière afghane

Dans les années 1990 et 2000, Termez devient un poste avancé de surveillance des conflits afghans 8. Après les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis et leurs alliés interviennent en Afghanistan contre les talibans 9. La même année, l’Allemagne installe une base logistique à Termez avec l’accord du gouvernement ouzbek. La ville devient alors un point de passage stratégique pour l’aide humanitaire et le transport militaire. Cette base ferme en 2015, marquant une nouvelle transition pour la cité.

Un renouveau patrimonial

Aujourd’hui, Termez conserve son importance stratégique, même si son rôle militaire a diminué après le retrait occidental d’Afghanistan en 2021.

Parallèlement, la restauration des sites bouddhistes et islamiques attire de plus en plus de chercheurs, de passionnés d’histoire et de touristes. Cette redécouverte du patrimoine redonne à Termez son rôle de carrefour culturel. Ainsi, la ville renoue avec son passé millénaire tout en faisant face aux défis contemporains.

Le Grand Jeu : désigne la rivalité stratégique et diplomatique opposant l’Empire britannique et l’Empire russe au XIXe siècle pour le contrôle des territoires d’Asie Centrale.

Empire russe (1721–1917) : l’un des plus vastes empires de l’histoire, couvrant une grande partie de l’Europe de l’Est, de l’Asie et de l’Amérique du Nord (Alaska). Fondé par le tsar Pierre Ier le Grand et aboli à la Révolution russe de 1917.

3 Révolution russe de Février 1917 :  dès 1914, le tsarisme russe réprime les révoltes paysannes, puis les défaites militaires et la désorganisation de l’économie sont à l’origine de la Révolution de Février en 1917.

4 Bolchevik : faction créée en 1903 sous la direction de Lénine.

5 Armée rouge : de sa complète dénomination “l’Armée rouge des ouvriers et paysans”. Armée créée par le pouvoir bolchevik, à la suite de la Révolution d’Octobre pour contrer l’Armée Blanche conduite par le Tsar.

6 Staline Joseph : dirigeant de l’Union soviétique de 1924 jusqu’à sa mort en 1953. Il joue un rôle central dans l’histoire du XXe siècle, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale et la période de la Guerre froide. Son régime est connu pour son autoritarisme, la collectivisation forcée, les purges politiques et le Goulag.

7 Moudjahidine : signifie “combattant” ou “celui qui mène le djihad”. Historiquement, il a été utilisé pour désigner des combattants musulmans.

8 Conflits afghans : période de guerre civile après le retrait des troupes soviétiques en 1989 et l’effondrement du régime communiste afghan en 1992.

9 Taliban : mouvement islamiste fondamentaliste connu pour son interprétation stricte de l’islam sunnite.

Voir à Termez

Depuis plus de deux millénaires, Termez s’impose comme l’un des grands carrefours culturels d’Asie centrale.

Au bord de l’Amou-Daria, la ville réunit les vestiges d’une histoire exceptionnelle : forteresses grecques fondées à l’époque d’Alexandre le Grand, sanctuaires bouddhiques ornés de fresques délicates, cités médiévales et mausolées soufis.

Chaque monument témoigne de la diversité des civilisations qui ont façonné la région, entre la Bactriane antique, le monde islamique et les grandes routes caravanières.

De Kampyrtepa aux coupoles de Sultan Saodat, Termez dévoile ainsi un patrimoine unique, à la croisée des légendes et des réalités archéologiques.

Monument érigé du Ier au IIIe siècle

Fayaz-Tepa — Le sanctuaire oublié du Bouddha

À quelques kilomètres de Termez, le monastère de Fayaz-Tepa repose entre sable et hautes herbes. Presque dissimulé dans le paysage, il constitue un témoignage fascinant du bouddhisme en Asie centrale.

Ici, bien loin de l’Inde natale du Bouddha, sa parole trouve un écho vibrant entre le Ier et le IIIe siècle de notre ère, portée par les caravanes et les pèlerins de la Route de la Soie.

Temple bouddhiste Fayaz Tepa. Photo 2021

Un sanctuaire au cœur du désert

Derrière ses murs de brique crue, le site dévoile son centre sacré : un stupa, monticule symbolisant l’Éveil. Autour s’organisent cellules monastiques, salles de méditation et espaces de culte.

Le décor, à la fois délicat et émouvant, conserve des fresques presque effacées par le temps. Les sculptures en stuc, aux traits doux, témoignent d’une subtile fusion entre influences grecques et art indien.

Un art entre Orient et Occident

Ici, le Bouddha apparaît drapé à la manière d’un philosophe hellénistique, tandis que les bodhisattvas 1 adoptent des postures familières aux artistes du Gandhâra 2. Fayaz-Tepa rappelle qu’avant l’islam, ces terres baignaient dans un foisonnement spirituel où les philosophies d’Orient et d’Occident s’entrelacaient.

1 Bodhisattvas : sage bouddhiste ayant franchi tous les degrés de la perfection sauf le dernier qui fera de lui un bouddha.

2 Gandhâra : nom antique d’une région située dans le nord-ouest de l’actuel Pakistan.

Monument érigé du Ier au IVe siècle

Kara-Tepa— Le monastère dans la falaise

Dominant l’Amou-Daria, sur une colline calcaire façonnée par le vent, s’étend le site troglodytique de Kara-Tepa. De loin, les cavités creusées dans la roche ressemblent à des nids d’aigle abandonnés. Pourtant, ces grottes furent autrefois un haut lieu du bouddhisme, vibrant de prière et de silence.

Kara-Tepe. Photo 2021

Entre le Ier et le IVe siècle de notre ère, des moines bouddhistes creusèrent ces salles et galeries à même la falaise. Ils y fondèrent un sanctuaire propice au retrait, loin du tumulte du monde. Ici, les fresques murales, les fragments de stūpas 1 et les statues érodées rappellent encore la ferveur spirituelle qui animait ces lieux.

Un carrefour des croyances

Kara-Tepa fut bien plus qu’un monastère : il constitua un carrefour entre l’Inde, l’Iran et la Chine, où les croyances voyageaient avec les marchandises.

Ce site illustre ainsi l’âge d’or du bouddhisme en Transoxiane, avant que les vents de l’histoire ne laissent place à d’autres cultures.

1 Stupa : Monument reliquaire ou commémoratif d’origine indienne, caractéristique du bouddhisme, dont il est l’édifice essentiel.

Monument érigé au IIe et IIIe siècle

Zurmala — Le géant de brique au cœur du désert

Dans l’immensité poussiéreuse des environs de Termez, le stūpa de Zurmala surgit tel un mirage. Cette tour de brique rouge, usée par les siècles, demeure le vestige solitaire d’un passé sacré.

Haut de près de 14 mètres, ce tumulus 1 cylindrique, aujourd’hui érodé, fut autrefois le plus imposant monument bouddhique d’Ouzbékistan.

Stupa de Zurmala. Photo 2021

Construit au IIe ou IIIe siècle de notre ère sous les souverains kushans, Zurmala témoigne de la ferveur religieuse et de la puissance de Termez.

À cette époque, la ville constituait un carrefour majeur de la Route de la Soie. Le stūpa abritait probablement des reliques sacrées du Bouddha, attirant pèlerins et marchands venus de contrées lointaines.

Le savoir-faire des artisans kushans

Les vestiges révèlent la maîtrise des bâtisseurs : un empilement de briques parfaitement calibrées reposant sur un socle massif. À l’origine, l’édifice était sans doute orné de décors en stuc ou en pierre, aujourd’hui disparus.

1 Tumulus : Grand amas artificiel de terre ou de pierres que l’on élevait au-dessus d’une sépulture, parfois surmonté d’un monument ou d’un trophée.

Monument érigé du VIIe au XIIIe siècles

L’Ancienne Termez — Entre sable, ruines et légendes (Termez Shahri)

À quelques kilomètres au nord de la ville moderne, l’ancienne Termez sommeille sous le sable. Les vestiges effacés par le temps y dessinent un paysage d’ombres et de ruines.

Entre les herbes folles et les murets effondrés s’étend ce qui fut l’une des cités majeures de la Transoxiane. Carrefour stratégique sur la Route de la Soie, Termez fut longtemps un joyau convoité par les empires successifs.

Termez Shahri-la citadelle. Photo 2021

Fondée dès l’Antiquité, la ville connaît son apogée entre le VIIe et le XIIIe siècle, sosous les dynasties arabes, samanides puis qarakhanides. Les voyageurs évoquaient alors ses puissants remparts, ses bazars animés, ses mosquées ornées de céramiques et ses écoles où circulaient les savoirs du monde islamique.

Ce que révèlent les fouilles

Aujourd’hui, les archéologues mettent peu à peu au jour les contours de cette cité oubliée :

  • des pans de murailles en pisé dessinant encore l’enceinte défensive ;
  • des fondations de palais, de bains et de mosquées ;
  • des céramiques émaillées aux motifs floraux rappelant le raffinement des artisans de Termez.

Une mémoire ensevelie

Détruite lors des invasions mongoles au XIIIe siècle, l’ancienne ville porte encore les cicatrices des siècles, tout en conservant le mystère des civilisations disparues.

Monument érigé au IXe siècle pour sa construction et restauré entre le XIe et le XIXe siècle

Mausolée d’Al-Hakim at-Termezi — Le sage de Termez et son sanctuaire

Parmi les collines arides qui bordent Termez, le mausolée d’Al-Hakim at-Termezi dresse sa coupole élégante, sobre et majestueuse. C’est ici que repose l’un des plus illustres penseurs et mystiques d’Asie centrale : Abu Abdullah al-Hakim at-Termezi, théologien et maître soufi du IXe siècle.
Né à Termez, Al-Hakim at-Termezi fut un érudit influent, connu pour ses écrits consacrés à la sagesse islamique et à la spiritualité. Après sa mort, son tombeau devient un lieu de pèlerinage, attirant savants, derviches et croyants.

Une architecture de sobriété sacrée

Le mausolée, bâti en briques cuites, incarne la pureté des premières constructions islamiques de la région :

  • un dôme hémisphérique domine l’édifice, symbole de l’élévation spirituelle ;
  • la façade présente un portail à arc brisé, décoré de motifs géométriques en terre cuite ;
  • des inscriptions coraniques ornent les murs et invitent à la méditation.

Un lieu vivant de recueillement

Modifié et restauré entre le XIe et le XIXe siècle, le site demeure un havre de paix, où le souffle du désert se mêle à la mémoire des sages.

Monument érigé du Xe au XVIIe siècle

Sultan Saodat — Le mausolée des descendants du Prophète

Au sud de Termez, sur l’ancienne route des caravanes, s’étend le complexe de Sultan Saodat. Il forme un enchaînement majestueux de mausolées, de portails et de coupoles, édifiés entre le Xe et le XVIIe siècle. Ce site sacré rend hommage à une lignée de dignitaires religieux, descendants du Prophète, vénérés dans toute la région.

Une harmonie de styles et d’époques

Le complexe s’agrandit au fil des dynasties, mêlant plusieurs influences architecturales dans une remarquable unité :

  • les premiers mausolées, en brique nue, datent du Xe siècle et se distinguent par leur austérité élégante ;
  • aux XIVe et XVe siècles, l’influence timouride apparaît avec des coupoles bleu turquoise et des décors de faïence délicats ;
  • les portails monumentaux à muqarnas, alvéoles sculptées en nid d’abeille, marquent l’entrée des sanctuaires.

Un lieu de mémoire et de spiritualité

Dans la lumière du soir, Sultan Saodat s’impose comme un écrin d’histoire et de recueillement, où les croyances se mêlent encore aux récits des voyageurs d’autrefois.

Monument érigé au XIe et XIIe siècle

Qirq-Qiz — Le palais des Quarante Vierges

Aux confins des steppes de Termez se dresse l’un des monuments les plus énigmatiques d’Ouzbékistan : Qirq-Qiz, littéralement « le Palais des Quarante Filles ». Entouré de mystères et de légendes, ce bâtiment du XIe ou XIIe siècle intrigue encore par son architecture et par sa fonction incertaine.

Palais Qir-Qiz. Photo 2021

Palais fortifié, caravansérail ou sanctuaire soufi ? Les hypothèses se croisent, mais tous admirent la beauté austère de l’édifice.

Une architecture sobre et ingénieuse

  • Construit en briques crues, Qirq-Qiz épouse la couleur ocre du désert ;
  • Son plan carré, avec quatre ailes voûtées autour d’une cour centrale, rappelle les résidences aristocratiques de la Transoxiane médiévale ;
  • Des coupoles à trompes et des voûtes d’arêtes coiffent les salles, illustrant la maîtrise technique des bâtisseurs ;
  • Aucune ornementation excessive : ici, l’architecture séduit par la sobriété et l’ingéniosité.

Une légende toujours vivante

Selon la tradition locale, quarante jeunes femmes s’y seraient réfugiées pour échapper aux envahisseurs, donnant au site un parfum de tragédie et de bravoure.

Monument érigé au XIIe siècle

Le Minaret de Jarkurgan — La flèche oubliée du désert

Minaret de Jarkurgan. Photo 2021

À une trentaine de kilomètres de Termez, dans l’oasis verdoyante de Jarkurgan, s’élève une silhouette élancée qui semble défier le temps et le vent. Il s’agit du minaret de Jarkurgan, chef-d’œuvre méconnu de l’architecture islamique d’Asie centrale.

Sa beauté singulière et sa forme spiralée en font l’un des monuments les plus originaux du sud de l’Ouzbékistan. Perdu au cœur des vergers et des champs de coton, ce minaret solitaire rappelle la splendeur passée des cités caravanières du Surkhandarya 1

Une prouesse architecturale

Construit en 1108-1109 par l’architecte Ali ibn Muhammad Serakhsi, le minaret se distingue par son élégance et son originalité. Avec ses 21 mètres de haut conservés — il dépassait probablement 40 mètres à l’origine — il témoigne de la prospérité de cette région fertile, aux portes du désert du Kyzylkoum.

Un décor exceptionnel

Le fût cannelé est sculpté de profondes rainures verticales en zigzag, prouesse technique rare pour l’époque.
Les briques disposées en chevrons créent un jeu d’ombres et de lumières saisissant sous le soleil d’Asie centrale.
À la base, des bandeaux d’inscriptions arabes gravés dans la brique relatent la construction et glorifient l’islam.

Un repère pour les caravanes

Le minaret était probablement accolé autrefois à une mosquée aujourd’hui disparue. Il servait non seulement de tour d’appel à la prière, mais aussi de repère pour les caravanes traversant la vallée de l’Amou-Daria.

Aujourd’hui isolé, il se dresse tel un vestige oublié, gardien silencieux des terres fertiles du Surkhandarya.

1 Surkhandarya : région la plus méridionale de l’Ouzbékistan dont la capitale administrative est Termez.

Monument érigé en 1982

Le Pont de l’Amitié : une traversée stratégique au-dessus de l’Amou-Daria

Sur les eaux puissantes de l’Amou-Daria, le Pont de l’Amitié s’étire comme un trait d’union entre deux mondes. D’un côté, l’Ouzbékistan, porte d’entrée de l’Asie centrale. De l’autre, l’Afghanistan, carrefour des routes du Sud.

Une construction née du contexte soviétique

La construction du pont débute en 1979, dans un climat géopolitique tendu marqué par le conflit afghan. Les autorités soviétiques décident alors d’ériger cet ouvrage stratégique afin d’acheminer troupes et matériel vers l’Afghanistan, alors sous leur influence directe.

Inauguré en 1982, le Pont de l’Amitié est officiellement présenté comme un symbole de coopération entre l’URSS et l’Afghanistan socialiste. Pourtant, son usage initial demeure avant tout militaire.

Pont de l’Amitié. Photo 2015

Un ouvrage technique majeur

Long de 816 mètres, le pont accueille à la fois la route et le rail grâce à une voie adaptée aux trains comme aux camions. Son ossature métallique repose sur des piles en béton armé, conçues pour résister aux crues de l’Amou-Daria et aux conditions extrêmes de la région.

Il est pensé pour le transport de marchandises, de fret, de convois militaires ainsi que pour les flux humanitaires.

Fermeture puis réouverture

Après le retrait soviétique d’Afghanistan en 1989, le pont reste un axe vital, même si son utilisation varie selon la situation politique.

En raison de l’instabilité afghane des années 1990, il est temporairement fermé. En 2001, cette passerelle entre deux mondes est modernisée puis progressivement rouverte sous contrôle international.

Il joue alors un rôle essentiel dans l’acheminement de marchandises et d’aide humanitaire vers l’Afghanistan, notamment dans le cadre des missions de l’OTAN et des Nations Unies.

Un corridor toujours stratégique

Aujourd’hui, le Pont de l’Amitié demeure l’un des rares points de passage officiels entre les deux pays, sous strict contrôle douanier et sécuritaire.

Il reste un corridor logistique majeur, reliant l’Asie centrale aux marchés du Sud et au port de Karachi via l’Afghanistan.

Monument érigé en 2001

Le Musée Archéologique de Termez — Un écrin moderne pour l’Histoire

À l’entrée de Termez, un bâtiment aux lignes sobres, surmonté d’une élégante coupole turquoise, accueille les visiteurs. Il s’agit du Musée archéologique, inauguré en 2002 à l’occasion du 2 500e anniversaire de la ville.

Musée archéologique de Termez. Photo 2021

Ce musée incarne la volonté de l’Ouzbékistan de préserver et de valoriser le riche passé de Termez, carrefour des civilisations gréco-bactrienne, kushane, bouddhique et islamique. Sa silhouette contemporaine s’inspire discrètement de l’architecture traditionnelle d’Asie centrale, alliant modernité et héritage.

Des collections exceptionnelles

À l’intérieur, les collections transportent le visiteur à travers les siècles :

  • statues et reliefs bouddhiques en stuc ou en pierre provenant de Kara-Tepa, Fayaz-Tepa ou Zurmala ;
  • pièces d’or, d’argent et de bronze témoignant de la prospérité antique de la Bactriane ;
  • fragments architecturaux gréco-bactriens retrouvés à Kampyrtepa ;
  • céramiques, objets du quotidien et vestiges islamiques datant du IXe au XIIIe siècle.

Un pont entre passé et présent

Le musée offre ainsi un voyage unique dans l’histoire de Termez, tout en s’intégrant harmonieusement dans le renouveau architectural de la ville.

Transports

Termez possède un aéroport accueillant des vols domestiques ainsi que certaines liaisons internationales.

En ville, les moyens de transport les plus pratiques sont les taxis et les bus. Très économiques, ils permettent de se déplacer rapidement dans le centre comme dans les faubourgs.

Gare ferroviaire de Termez

La gare de Termez dessert notamment les villes suivantes :

  • Tachkent
  • Derbent
  • Samarcande
  • Karshi

Ces liaisons sont assurées par le train Sharq, principalement en service de nuit.

Cafés et Restaurants

Café :

  • Xanna, Ibn Sino ko’chasi 17A, Termez
  • Safia, Imom At-Termizyi ko’chasi, 15A, Termez
  • Feya, Islom Karimov ko’chasi 175, Termez

Restaurants :

  • Restaurant Asson, At-Termiziy, 27, Termez
  • Vohas, Imom At-Termiziy ko’chasi, Termez
  • Feredun cafe, au coin de Navbahor ko’chasi et Alisher Navoï ko’chasi, Termez
  • Zeïtun, Mehridaryo ko’chasi, Termez
  • Bar Zolotaya Bochka, Islom Karimov ko’chasi, Termez
  • Astoria, Islom Karimov ko’chasi, 45, Termez
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